Témoignages

Stéphanie Beaudoin

Ancienne volontaire, programme Jeunes leaders en action, Inde et Québec

J’ai vécu l’expérience JCM de plusieurs façons durant ma vie. D’abord, avant de participer au programme, quand je ne faisais qu’en rêver, puis, pendant le programme, alors que je le ressentais dans toutes les fibres de mon être ; tout de suite après le programme, en suivant des cours d’hindi à l’Université McGill, mais aussi en travaillant à la réception au siège social de JCM avant de reprendre mes études au Cégep et treize ans plus tard, lorsque j’ai passé deux années merveilleuses à travailler pour la coalition Cyberjeunes à organiser des stages en informatique et en technologie de l’information dans des pays en voie de développement. Enfin, en prêtant ma voix, mon nom et mon image pour la promotion du programme JCM parce que je suis convaincue de ses bienfaits.

Quand je me suis rendue en Inde avec JCM, les gens là-bas n’avaient rien, mais ils ne manquaient de rien non plus. Sur le plan économique, le pays était sous-développé, mais les familles et les groupes sociaux étaient solides comme le roc. Je me rappelle l’émission religieuse du dimanche. Tous ceux du village qui n’avaient pas de téléviseur venaient la voir chez ma famille d’accueil. C’était incroyable, 50 personnes qui se rassemblent pour regarder une émission de télé ! Avant d’aller en Inde, je n’avais jamais vu de cérémonies de mariage qui durent trois jours et où tout le village semble avoir été invité. Cette expérience riche, intense et parfois aussi frustrante, m’a permis de constater à quel point ma culture est individualiste. Tout était tellement différent de ce à quoi j’étais habituée !

Je me souviens aussi des odeurs concentrées — le parfum des fleurs et des épices. Et l’intensité des saveurs fraîches, comme celle des pois frais tout juste sortis de leur cosse. En Inde, on cuisine avec les produits de saison, tout simplement. C’est aussi en Inde que j’ai appris à recycler. On n’y gaspille rien. L’eau de la douche sert à laver le plancher, les pelures de légumes vont à la vache du voisin, on emballe la collation avec des feuilles de papier déjà utilisées, on mange les restes du souper au déjeuner — et c’est la chaleur humaine qui nous protège du froid les nuits d’hiver (dans une maison en ciment du nord de l’Inde, sans isolation ni chauffage, les filles se serrent comme des sardines).

JCM m’a aidée à mettre la vie en perspective. Depuis cette expérience, je vois les choses différemment. »


Bob Bennett

Ancien volontaire, programme Jeunes leaders en action, Colombie, Alberta et Nouvelle-Écosse

C’était la première fois que j’avais l’occasion de vivre ailleurs qu’à Hampton, un petit village de moins de 100 habitants situé en Nouvelle-Écosse. J’ignorais tout de la vie dans une grande ville canadienne et encore plus de la vie dans un pays en voie de développement. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Je crois qu’on peut parler de « choc culturel » pour décrire ce qui s’est passé dans ma tête alors que je vivais plusieurs expériences de stages, à la fois en milieu rural et urbain, à Edmonton, en Alberta, à Middleton, en Nouvelle-Écosse et en Colombie. Je pensais avoir grandi dans une famille pauvre, mais j’étais loin d’imaginer la pauvreté dont j’ai été témoin en Amérique du Sud.

Les souvenirs me reviennent en cascades. Il y a la fois où j’étais bringuebalé à l’arrière d’un jeep dans les montagnes colombiennes et que mes compagnons avaient attrapé une araignée de la taille de ma main, ou le jour où j’ai regardé des enfants de la rue jouer avec un scorpion. Une autre fois, j’avais essayé d’aider un vieil homme fatigué à monter un rondin le long d’une pente. Je me suis vite essoufflé, abattu par la chaleur et l’altitude. Le vieil homme m’a poliment remercié pour mes efforts, s’est mis quelques feuilles de coca dans la bouche et a repris son travail.

Mon souvenir le plus marquant est sans doute celui d’une famille qui vivait dans une maison troglodyte à flanc de montagne. Nous étions venus les aider à creuser la roche pour agrandir leur espace de vie et leur avions apporté du lait en conserve. Malgré leur extrême pauvreté, ils nous avaient rendu la faveur en nous offrant des fruits qu’ils avaient cueillis dans la jungle.

Non seulement JCM m’a offert un univers à explorer en dehors de la Nouvelle-Écosse rurale, mais j’ai aussi eu la chance de me faire de nouveaux amis avec qui voyager. Faire partie d’un groupe m’a donné le courage et le sentiment de sécurité nécessaires pour dépasser mes propres limites. »

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