Témoignages

Janice Grey

Ancienne volontaire, programme Jeunes leaders en action, Ghana et Nouveau-Brunswick

Mes racines sont à la fois inuit et haïtiennes. J’ai été élevée au Nunavik, mais j’ai aussi passé une bonne partie de mon enfance en Ontario. Mon échange JCM se composait de deux stages. Pour le premier, à Moncton, j’ai travaillé au Youth Quest Central, un centre pour les jeunes sans-abri où je me suis fait beaucoup d’amis. Pour le deuxième, au Ghana, j’ai travaillé dans des écoles et des cliniques. Ces deux expériences étaient parfaites pour moi car j’aime beaucoup travailler avec des jeunes.

Un matin, au Ghana, constatant que ma mère d’accueil n’avait personne pour l’aider à porter de l’eau, j’ai décidé de l’accompagner jusqu’au puits et me suis munie d’un petit seau. Les nombreuses femmes qui discutaient régulièrement devant notre maison m’applaudissaient chaque fois que je rapportais un seau plein et riaient quand je revenais trempée. Il nous fallait plusieurs voyages pour remplir le réservoir d’eau de la maison et je commençais à m’impatienter, prenant des seau de plus en plus grands. Ma détermination faisait rire les femmes qui me félicitaient chaque fois que je revenais sans avoir renversé d’eau.

Quand elles m’ont vue sortir de la maison avec une cuvette en métal si grande que j’aurais pu m’y assoir, les femmes m’ont suppliée en criant de ne pas la remplir d’eau. Têtue et sûre de moi, j’ai ignoré leur conseil et me suis rendue au puits, mais aucun des enfants qui pompaient ne voulaient remplir ma cuvette. Ils ne faisaient que répéter « Obruni, non ! Obruni trop grand ! Obruni pas possible ! ». Évaluant la situation, ma mère d’accueil avait envoyé son fils pour qu’il m’aide et celui-ci supplia les enfants de remplir mon récipient. Après quelques difficultés, nous sommes parvenus à le placer sur ma tête, mais je n’arrivais pas à trouver mon équilibre et l’eau tombait de tous les côtés. Je suis rentrée la queue entre les jambes, suivie de mon frère d’accueil, l’immense cuvette remplie à ras bord… sur sa tête.

JCM a complètement changé ma vision de la vie, en particulier de la vie dans ma communauté d’origine, à Aupaluk au Nunavik. Cela m’a donné les outils nécessaires pour mieux comprendre mon propre contexte culturel et nos différences par rapport à la culture canadienne dominante. »

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