L’Instance permanente des Nations Unies sur les questions Autochtones 2022

Délégation Jeunesse à l’Instance permanente à New York

Lorsque Dakota Crowspreadshiswings était plus jeune, ses grands-parents lui ont raconté des histoires de grandes réunions au siège de l’ONU à New York. Même s’ils sont décédés depuis, Dakota a dit qu’être dans ces immeubles à l’ONU, c’était spécial de penser au fait qu’ils ont marché dans les mêmes corridors, qu’ils étaient dans les mêmes salles.

« Je voulais avoir toute une expérience de ce que c’est d’être à l’ONU, déclare-t-il. Ceci était toujours un rêve pour moi, de venir et de voir ce qu’ils me racontaient. »

Dakota, qui a 26 ans à présent, est parmi les jeunes de notre Délégation à l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions Autochtones qui se sont déplacés à New York la semaine passée. L’ancien de CWY-JCM, Daryl Kootenay, originaire de la Première Nation Stoney Nakoda, accompagne la délégation.

Rencontrez les délégués et déléguées

Les délégués et déléguées sont des jeunes du Nakoda Youth Council en Alberta et des élèves du Humber College en Ontario. À l’Instance permanente, Dakota et Daryl sont accompagnés par Dustin House Bearspaw, Lita Crawler, Leera Waskewitch, Mekowasopesim (Meko) Misquadis-Mack, Kara Neveau et le co-superviseur Kevin Vose-Landivar, qui est le coordonnateur de l’éducation et de l’engagement des Autochtones au Humber College.

Daryl, cofondateur du Nakoda Youth Council, a accompagné la première délégation de CWY-JCM à l’Instance permanente des Nations Unies en 2014, et est également un ancien du programme d’échange SIJA au Pérou. Membre de la faculté du Banff Centre for Indigenous Leadership, orateur public, danseur traditionnel, chanteur, artiste et fier père, Daryl s’est dit honoré et ravi de guider la délégation dans ce voyage.

Katsenhaienton Lazare, Bear Clan, Mohawk des Haudenosaunee, qui a lancé les réunions à l’ONU lundi avec une cérémonie traditionnelle et Daryl Kootenay, au siège de l’ONU à New York (25/04/2022)

« J’essaie encore de comprendre ce qui se passe et de m’imprégner de la possibilité de faire partie de tout cela », a déclaré Kara, qui en est à sa quatrième année de développement communautaire au Humber College. « Je suis très enthousiaste à l’idée de participer aux conversations. »

Sénatrice Michèle Audette a offert des conseils à la délégation avant leur voyage. La sénatrice est elle-même une ancienne participante de CWY-JCM, ayant fait un échange au Brésil en 1993 alors qu’elle était adolescente.

« Pour défendre, pour promouvoir, pour plaider, c’est le bon endroit, a-t-elle déclaré. Vous portez en vous des milliers d’années de connaissances, je le sais parce que je le ressens. Alors, profitez-en. Allez-y. N’ayez pas peur, a déclaré Michèle aux jeunes. C’est une mosaïque d’expériences, mais très puissante. »

Les délégués et déléguées autour de Dustin, qui a donné une déclaration à l’ONU à propos de l’eau potable contaminée dans sa communauté (29/04/22).

« Lorsque nous faisons entendre notre voix, nous leur rappelons (aux dirigeants et dirigeantes mondiaux) qu’ils pourraient faire mieux, et c’est là que nous influençons la politique ou la législation au Canada. Vous avez la possibilité d’influencer cela. Ça peut prendre du temps avant de voir les résultats, mais quand nous les voyons, c’est très excitant. »

« Vous deviendrez pour nous les caribous de garde, les orignaux de garde, collectivement vous vous assurez que nos voix sont représentées par votre présence, alors je vous dis merci », a déclaré la sénatrice.

Les peuples Autochtones du Canada vivent toujours dans un pays parallèle, où leurs droits humains fondamentaux ne sont pas toujours respectés. Selon le Rapport mondial 2022 de Human Rights Watch, des abus de grandes ampleurs à l’encontre des peuples Autochtones persistent à travers le Canada et il reste des défis importants à relever pour défaire des décennies de discrimination structurelle et systémique.

Parmi les problèmes les plus urgents auxquels sont confrontés les peuples Autochtones du Canada figurent l’accès à de l’eau potable propre, les niveaux persistants et disproportionnés de violence à l’égard des femmes et des filles Autochtones, et les inégalités sociales et économiques systémiques telles que la réduction de l’espérance de vie et les taux de suicide plus élevés.

« Malgré ces difficultés, voir la réunion de la communauté Autochtone internationale a été incroyable », a dit Kevin, qui est Autochtone provenant de l’Équateur, mais qui a grandi au Canada.

« Peu importe où ils habitent au monde, ils sont tous en train de travailler pour assurer que le monde sera ici et sera en bonne santé, pour que nous ayons une habitation durable. Ils travaillent tous pour assurer un meilleur avenir pour les jeunes d’aujourd’hui et les jeunes de demain. »

Leera, Lita and Dustin à Times Square (24/04/2022).

Leera, qui vient de terminer sa première année de collège à Calgary, dit que l’expérience l’a encouragée à devenir une jeune ambassadrice pour les adolescents chez elle. « Ma tante et mon oncle aident des jeunes sur la réserve qui doivent faire face à des traumatismes intergénérationnels liés aux pensionnats. » Leera dit qu’elle veut s’impliquer plus dans ce travail.

« Je trouve que cette occasion m’enseigne à utiliser ma voix, dit Lita, 20, qui est une cavalière de baril en Alberta. J’étais très honorée d’avoir été choisie comme déléguée, et j’essaie de tout prendre en compte, toutes les informations, et de voir ce que je peux ramener à ma communauté. »

Les conversations et les liens établis en dehors de l’Assemblée générale sont parmi les plus précieux, dit Daryl. Selon lui, la richesse de l’expérience provient des relations forgées dans le café à l’étage inférieur des salles de l’ONU, où aux démonstrations dehors, par exemple.

Rob Norris (gauche), conseil d’administration CWY-JCM, et la Délégation Jeunesse ont rencontré la présidente de la Nation Métis, Cassidy Caron (25/04/22).

« Nous sommes allés à une réunion parallèle sur les stratégies de renouement Autochtones, déclare Dustin. Nous avons entendu les points de vue des nations autour du monde, leur voix et ces discussions ont été des véritables discussions nation à nation. Beaucoup de nos histoires ont été similaires, la seule différence étant notre emplacement géographique. »

« C’est quelque chose dont je me souviendrais pour toujours, et ça m’a certainement développé en tant que personne et professionnel. »

« Rencontrer et être avec d’autres Autochtones qui connaissent les problèmes des Autochtones, et apprendre comment nous pouvons améliorer ces problèmes », déclare Meko, qui est dans sa première année d’étude des médias au Humber College et qui envisage se diriger vers le journalisme, « c’est pourquoi je voulais y aller. »

« Cette aventure, dit Kara, je vais certainement l’apprécier pour toujours. Je suis si reconnaissante du fait que je suis ici actuellement. Merci à tous ceux et celles qui m’ont amené ici. »

Les délégués et déléguées à la tribune dans la salle de l’Assemblée générale des Nations Unies (28/04/2022).

Merci à la sénatrice Audette pour ses sages conseils, à notre délégation de jeunes exceptionnels et à Daryl et Kevin pour leur direction durant leur voyage.

Merci à la Power Corporation du Canada qui ont parrainé le programme. Merci à vous, pour vos dons, avec lesquels nous avons pu mener ce programme.

Sénatrice Michèle Taïna Audette : son parcours de JCM à l’Instance permanente des Nations Unies et au-delà 

Sénatrice Michèle Audette, courtoisie et droits d’auteur du Sénat du Canada

Michèle Taïna Audette n’avait que 18 ans lorsqu’elle a été acceptée pour un échange JCM au Québec et au Brésil. 

Au cours de cet échange, Audette a rencontré le fondateur de CWY-JCM, Sénateur Jacques Hébert, qui lui a dit : « Tu n’as qu’une seule chance, alors saisis-la, car elle te montrera beaucoup de choses que tu portes en toi, des dons dont tu n’as même pas conscience. » 

Au début, la jeune femme n’a pas pris les conseils de Sen. Hébert en considération, ne croyant pas en sa propre force, mais au fil des ans, dit-elle, elle a appris le pouvoir de sa voix pour mener au changement.

À 28 ans, Audette a été élue membre de Femmes Autochtones du Québec, et elle a eu l’occasion de se rendre à New York et à Genève pour participer à de nombreux forums de haut niveau.

« Ce fut un choc culturel de voir que nous avons des leaders qui défendent la terre, les droits des Autochtones, la langue. Que ces leaders vont à l’ONU pour rappeler au monde entier que nous n’avons jamais capitulé, que nous sommes toujours vivants et que nous allons nous battre pour être respectés et reconnus. C’était la décennie des peuples Autochtones », a déclaré la sénatrice.

Au cours des négociations de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples Autochtones, Audette a eu sa première occasion d’utiliser le pouvoir de sa voix. 

« Toute nerveuse, je me suis levée dans cette immense salle de l’ONU. Je tremblais, j’étais nerveuse, mais je lisais mon petit bout de papier, et j’ai dit : “Dans cette déclaration, promettez-moi, vous qui allez influencer ou faire pression sur vos pays, votre peuple, la délégation officielle, pouvons-nous avoir un article dans cette déclaration qui dira que chaque article s’appliquera également aux femmes Autochtones?” » 

Après sa déclaration, quelqu’un a entraîné Audette dehors, furieux contre elle. Elle s’est fait dire qu’elle ralentissait le progrès, et qu’elle avait risqué de décourager les États de ratifier la déclaration.

« Si j’ouvre la porte aux femmes, je devrai l’ouvrir aux personnes en situation de handicap, aux jeunes et aux personnes âgées », lui a dit la personne.  

Au lieu de céder, Audette a demandé « Pourquoi pas? »

« C’est ce que nous sommes, c’est le cercle de la vie, a-t-elle dit. Soyons créatifs, soyons qui nous sommes ». Petit à petit, raconte Audette, les femmes du monde entier se sont levées pour soutenir sa proposition. « Aujourd’hui, nous avons cet article dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples Autochtones, a déclaré la sénatrice. Une petite voix qui est devenue un mouvement. »

De là, Audette est devenue la présidente de l’Association des femmes Autochtones du Canada, et en 2021, elle a été nommée au Sénat du Canada par le premier ministre Justin Trudeau. 

Mais Audette veut aussi passer le flambeau aux jeunes générations. « Nous avons besoin de plus de femmes et de plus d’hommes qui ont probablement plus d’énergie que moi et d’autres personnes pour aller à ces réunions », a déclaré la sénatrice.

S’adressant à la jeune délégation de 2022 à l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions Autochtones, la sénatrice Audette a déclaré : « Le Canada s’est engagé à la réconciliation, mais nous avons dépassé ce stade, maintenant nous voulons voir l’action, la sincérité, alors votre présence, votre voix pourrait les mettre un peu mal à l’aise, vous avez ce pouvoir. »

À CWY-JCM, notre raison d’être c’est d’aider les jeunes à trouver leur voix, et nous ne pouvons pas le faire sans la générosité de personnes telles que vous. Aidez davantage de jeunes à trouver leur voix et à devenir les agents du changement de demain. 

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