Notre premier Sommet national des jeunes: une convergence puissante

Arrivée à Saskatoon

Avant que Logan Beauchamp n’atteigne l’âge de 25 ans l’année prochaine, et qu’il soit ainsi trop âgé pour participer à de nombreux programmes pour les jeunes, il voulait tirer le meilleur parti de son année, et c’est pourquoi il a posé sa candidature pour participer au Sommet national des jeunes leaders de JCM en juin.

Jeune père de famille et étudiant en troisième année de sciences politiques, originaire de Red Deer, en Alberta, Logan n’était jamais venu en Saskatchewan et n’avait pas beaucoup voyagé. « Je ne voulais pas que le fait d’avoir un enfant m’empêche de vivre ces expériences », a déclaré Logan. Il espère se lancer en droit après son baccalauréat et se spécialiser en droit autochtone et constitutionnel.

Lors du sommet, il a non seulement pu explorer une nouvelle ville, acquérir des compétences en gestion de projet et en communication, mais il a également noué des liens qu’il conservera à l’avenir. Logan et son collègue délégué, Raj Dhaliwal, ont décidé de collaborer sur un projet de recherche visant à comparer l’histoire et l’incidence de la colonisation sur les communautés autochtones en Inde et au Canada.

De droite à gauche: Kiara Labobe (Isle du Prince Édouard), Rachel Kenny, et Logan Beauchamp (Alberta) au Souper des jeunes leaders.

Le Sommet national des jeunes leaders de JCM s’est déroulé du 5 au 8 juin au Saskatoon Inn and Conference Centre. Le rassemblement comptait 127 jeunes, originaires de toutes les provinces et de tous les territoires.

« J’ai rencontré des jeunes leaders étonnants et inspirants qui ont à cœur de faire de notre pays et de notre monde un endroit meilleur. Le genre de personnes que j’ai rencontrées est le genre de personnes avec lesquelles on veut être ami pour la vie. J’espère pouvoir conserver chacune de ses amitiés », a déclaré Logan.

Le sommet a été motivé par notre désir d’organiser un événement qui permettrait de lier les jeunes de tout le Canada les uns aux autres, après la longue période d’isolement causée par la pandémie.

Malika Yog (Saskatchewan), Ziyang Li (Saskatchewan), Elsa Kazi (Québec), et autres, au parc de patrimoine Wanuskewin. (Photographe par April Rideout).

Grand nombre de participants et participantes ont déclaré que c’était la première fois qu’ils voyageaient ou assistaient à un grand rassemblement depuis le début de la pandémie. Certains et certaines nous ont dit que c’était la première fois qu’ils prenaient l’avion. Pour Rui Ying Liu, 18 ans, de Montréal, c’était la première fois qu’elle voyageait seule.

Au départ, elle avait peur de ne pas rencontrer de gens, mais Rui a été agréablement surprise par la rapidité et la facilité avec lesquelles elle a été accueillie dans le groupe.

Mishika Khurana, étudiante de 3e année en analyse géographique, originaire de Toronto (Ontario), avait les mêmes préoccupations. Généralement timide, elle dit s’être inscrite au Sommet sans connaître personne à l’avance.

« Au début, je voulais juste aller dans ma chambre d’hôtel, m’asseoir et me cacher. Mais j’ai décidé que j’allais sortir et essayer d’apprendre à connaître les gens », a déclaré Mishika. « Le fait de devoir interagir avec les gens et de me mettre dans cette situation a été une étape très éprouvante pour moi. »

Malgré ses réserves, Mishika est sortie de sa zone de confort. « J’ai simplement décidé de me joindre à un groupe que j’ai vu dans l’entrée, et chaque personne était si gentille, si accueillante et si douce », a-t-elle déclaré.

Mishika Khurana et India Madsen au Souper des jeunes leaders.

Un endroit d’apprentissage

Un environnement de respect mutuel et de sympathie est l’une des choses qui ont rendu le Sommet si spécial, et qui ont permis l’échange de cultures et d’idées entre les gens de la délégation.

« Les gens étaient là essentiellement pour apprendre et rencontrer de nouvelles personnes et étaient très ouverts à entendre des opinions différentes, tout comme moi », a déclaré Mads Buckely, qui a immigré des États-Unis dans une petite ville des Territoires du Nord-Ouest. « Comme les deux parties étaient ouvertes aux différentes opinions et contributions, il était très facile d’aborder d’innombrables sujets, même si nos opinions ou points de vue étaient très différents », ont-ils ajouté.

Logan et Katelyn Rumsey (24, Terre-Neuve et Labrador).

Comme tous les Canadiens et Canadiennes le savent, nous sommes une grande nation, tant en termes de territoire que d’expériences vécues. L’équipe de JCM a estimé qu’il était essentiel que les jeunes de tout le pays se réunissent afin de mieux comprendre ce que signifie vivre au Canada.

« En tant qu’immigrant sur ce territoire, je ne connaissais pas la culture et les pratiques des Premières Nations. Le fait de pouvoir en apprendre davantage de leur part a eu une incidence considérable sur moi », a déclaré Gurzint Singh (20 ans), qui a immigré de Milan, en Italie, à St. John’s, à Terre-Neuve.

« J’ai appris qu’il existe des gens formidables du même âge que moi qui sont tous prêts à s’entraider pour réussir. De nombreuses occasions m’attendent et je m’en rapproche un peu plus grâce aux personnes que j’ai rencontrées au Sommet. JCM m’a tellement donné, maintenant je veux trouver des moyens de leur donner en retour et de transmettre leur message autant que possible », a déclaré Gurzint, qui poursuit un baccalauréat en ingénierie à l’Université Memorial.

« Une nuit, raconte Logan, je me suis retrouvé dans un groupe avec d’autres jeunes autochtones de tout le Canada, et nous avons veillé tard pour échanger des histoires sur les enseignements et les récits traditionnels. Cette nuit-là est quelque chose que je vais garder pour toujours. »

Les danseurs ont été accompagnés par le fondateur de Buffalo Boy Productions, Donnie Speidel, qui était un grand comédien!

La programmation commence

Logan s’est dit agréablement surpris par la quantité de culture et d’enseignements Autochtones, ainsi que par les mentions intégrées au programme du Sommet.

Pour nous souhaiter la bienvenue à Saskatoon, l’aînée Mary Lee, de Pelican Lake en Saskatchewan, a ouvert le Sommet par une prière, accompagnée par le chanteur et batteur TJ Warren. Le deuxième jour, nous avons également eu l’occasion de visiter le Wanuskewin Heritage Park, qui a été fondé par un groupe d’aînés de Premières Nations de la Saskatchewan.

Wanuskewin, qui signifie ‘espace de rassemblement’, se vante des vestiges archéologiques remontant à de milliers d’années.

« Voir la nature et la culture locales était inspirant, et ça m’a permis de me sentir plus connecté. C’est une chose de connaître la culture intellectuellement, mais c’est un autre genre de connaissance de la ressentir », a déclaré Danaë Ménard-Bélanger (25 ans), de Montréal, Québec.

Lundi soir, Buffalo Boy Productions s’est joint à nous pour un spectacle de danse avec tambours et chants par les SharpShooters, et une narration par le chanteur, danseur et chorégraphe Lakota Donnie « Buffalo Boy » Speidel.

« C’était une sensation forte de voir ma culture représentée et de voir nos traditions mises en scène », a déclaré Carly Thomas (20 ans), de Halifax, en Nouvelle-Écosse.

« Écouté à Sarain était une des meilleures expériences que j’ai vécu. Elle parlait de réclamer sa culture et je n’avais jamais senti autant d’émotions. La passion et la compréhension qu’elle démontrait, elle nous avons expliqué que même si nous croyons avoir perdit nos langues, nos traditions, elles ne sont jamais perdues. Elles sont des esprits dans la terre. J’ai tant identifié à ces mots. Je suis éternellement reconnaissante à JCM pour m’avoir fournit cette expérience. » – April Rideout (Alberta)

Les conférenciers et conférencières

Kendra Brightnose, âgée de 23 ans et originaire de l’Ontario, a déclaré que la poète cri et activiste environnementale Erica Violet Lee a été sa partie préférée du Sommet : « Elle a des choses vraiment inspirantes à dire et sa poésie était touchante, a-t-elle déclaré. J’étais incapable de détourner mon regard. »

« Sarain Fox était l’une de mes conférencières préférées », a déclaré Heidi Lucas, une Inuite de 20 ans de Smith Falls, en Ontario. « Elle était si bien informée et engageante avec ses mots. Je me suis sentie très écoutée, en tant que femme Autochtone altersexuelle. Elle a donné beaucoup de bons conseils et a parlé avec son cœur, en centrant ses commentaires sur les Autochtones et en donnant des recommandations sur la façon d’être un allié. »

Nous avons choisi des conférencières féminines et altersexuelle pour envoyer un message aux jeunes femmes sur leur pouvoir de diriger. Le deuxième jour, nous avons entendu les entrepreneuses Zainab Muse et Anu Bidani. Zainab est une cinéaste et la fondatrice d’une organisation médiatique, tandis qu’Anu est la fondatrice de deux organisations d’apprentissage STEM pour les jeunes.

« Les messages que Zainab et Anu ont partagés ont vraiment retenti au sein de moi, a déclaré Kennen Jack Andre-Blake, un jeune homme de 20 ans originaire de Tetlit Zheh, dans les Territoires du Nord-Ouest. Je fais face à beaucoup d’incertitudes quant à ce que je vais faire de mon avenir, mais j’ai quitté la présentation avec une perspective renouvelée. »

Déléguée Kyr Dumont, portant une jupe ruban fait par Sky Eagle Collection, avec une empreinte de main sur une toile orange. La main est devenue un symbole pour représenter les personnes Autochtones qui ont été réduit au silence à cause de la violence.

Les ateliers

Lors de sa première journée au Sommet, Gurzint a assisté à un atelier dirigé par le présentateur jeunesse Raj Dhaliwal, qui travaille avec Youthful Cities, une organisation visant à construire des villes plus durables et inclusives à travers le Canada. Gurzint y a découvert des ressources permettant de mettre en relation les jeunes qui arrivent au pays avec des programmes communautaires, et a discuté de solutions aux problèmes auxquels sont confrontées les communautés canadiennes.

« L’atelier Youthful Cities était très pertinent pour ma communauté, a déclaré Gurzint. Alors que de plus en plus de personnes immigrent, il est impératif qu’elles aient accès aux bonnes ressources pour les aider à mener une vie réussie. »

Des délégués.es conduisent une activité de recherche dans l’atelier mener par Raissa Amany et Vidhi Dessai, du Young Canadians Roundtable on Health.

Rui, qui commencera bientôt un travail avec la Patrouille verte de Montréal, a dit qu’elle avait particulièrement apprécié l’atelier dirigé par des jeunes sur la prospection approfondie pour l’environnement. En tant que membre de la Patrouille verte, elle devra frapper aux portes de la ville et parler aux gens au sujet de la défense du climat.

« C’est une bonne occasion de s’entraîner à raconter des histoires, à capter l’attention des gens, a déclaré Rui, c’est une compétence que je vais utiliser dans mon travail. »

« Beaucoup d’ateliers ont permis d’acquérir ce genre de compétences qui sont tout à fait transférables, surtout pour les jeunes leaders », a déclaré Logan, qui se rendra à Ottawa cet été pour un stage au sein du groupe de défense de l’environnement Green Pac, où il travaillera sous la direction d’un député fédéral.

Rui Ying Liu a dit que rencontrer des amies originaires de Saskatoon lui a donné une expérience ‘VIP’ au Sommet.

Organisateurs et commanditaires

Pour Jeunesse Canada Monde et les principaux intervenants qui ont participé au Sommet, ce fut l’occasion d’entendre directement les jeunes du Canada parler des sujets qui leur tiennent à cœur. Les jeunes nous ont dit à quel point il est important pour eux de participer à des événements axés sur le bien-être et de créer des espaces où chacune et chacun se sent inclus et entendu.

« Un sujet qui est revenu souvent dans les conversations avec d’autres jeunes est celui des luttes et des obstacles auxquels nous sommes confrontés en tant que jeunes leaders. Le fait de ne pas être pris au sérieux, d’être symbolisé, d’être mal compris, d’être épuisé, etc. étaient tous des thèmes communs », a déclaré Maya Provencal, qui a dirigé l’atelier de prospection approfondie.

Originaire de l’intérieur du sud de la Colombie-Britannique, Maya est venue avec des membres de Stronger BC Young Leaders Council et l’une de ses fondatrices, la députée provinciale Brittny Anderson. Brittny s’est adressée à la délégation lors des cérémonies d’ouverture et a rencontré les jeunes tout au long de l’événement.

« Il y a eu beaucoup d’occasions de discuter, a déclaré Brittny. Cela m’a enthousiasmé et m’a fait réfléchir aux types d’engagements que nous pouvons faire en Colombie-Britannique. »

MLA Brittny Anderson (veste bleue, centre) avec un groupe de jeunes délégué.es au Saskatoon Inn and Conference Centre.

Les gouvernements provinciaux de la Colombie-Britannique ont soutenu le Sommet, ainsi que les gouvernements provinciaux de la Nouvelle-Écosse, des Territoires du Nord-Ouest, du Nouveau-Brunswick, du Yukon et de la Saskatchewan, et le financement fédéral de Patrimoine canadien.

Omar Morad, de Saint John, au Nouveau-Brunswick, a déclaré qu’il était très heureux d’apprendre que sa province natale soutenait le Sommet. « J’aimerais que, peut-être l’année prochaine, vous puissiez organiser le Sommet ici au Nouveau-Brunswick, a déclaré Omar, car il apporte vraiment beaucoup de valeur à nos jeunes, en particulier aux jeunes nouveaux arrivants. Et c’est bon pour la ville et la province aussi, pour amener d’autres personnes à venir et à visiter, parce que je n’ai jamais rêvé que j’irais en Saskatchewan, mais c’est arrivé. Je suis vraiment heureux que notre province ait apporté son soutien, et je l’encourage à en apporter davantage, et autant que nous pouvons aider, nous devrions le faire. »

Pendant ce temps, Logan a dit qu’il était déçu d’apprendre que le gouvernement provincial de l’Alberta n’a pas contribué. « Je m’attendrais à ce qu’ils soutiennent les jeunes et nos futurs leaders, a déclaré Logan. Refuser de soutenir un événement comme celui-ci va à l’encontre de ce que le gouvernement dit sur le soutien à l’innovation et à la prospérité future. »

« Je pense qu’il serait merveilleux que toutes les provinces et tous les territoires soutiennent les jeunes et leur participation à la conférence de l’année prochaine, a déclaré Brittny. Les commentaires que j’ai reçus des membres de Stronger BC Young Leaders Council étaient que cette conférence était extrêmement précieuse pour eux et qu’ils vont prendre ce qu’ils ont appris et le ramener dans leurs communautés et auprès de leurs pairs. »

À la soirée ‘open mic’, les jeunes ont eu l’occasion de partager leurs chansons, leur poésie et ont assisté au karaoké. Des jeunes Québécois ont faits une chanson folklorique et un groupe de délégués qui parlait en Arabique ont interprétés une chanson pop Arabique.

Un avenir dirigé par les jeunes

En écoutant les questions et les préoccupations des délégués et déléguées, il est clair que les jeunes du Canada sont informés et engagés dans la démocratie d’une manière que les générations précédentes n’ont pas encore vue. Ils sont profondément préoccupés par leur avenir et celui de ce pays, et ils ont plein d’idées pour résoudre les problèmes environnementaux, économiques et sociaux. Nous devons simplement les écouter et les soutenir.

Ziyang Li (24 ans), originaire de la Saskatchewan, a déclaré qu’il avait apprécié les canaux de communication que le Sommet lui a ouverts. « J’ai appris que je ne peux pas réaliser un grand changement social tout seul; il faut l’élan collectif de l’ensemble les jeunes de notre communauté », a-t-il déclaré.

À l’issue du Sommet, « je repars avec une nouvelle confiance en moi, en mes opinions et en mon identité, a déclaré Aur Hager, 19 ans, de la Colombie-Britannique. Je repars également avec une nouvelle croyance en ma propre valeur. »

« Le Sommet nous a donné le terrain commun pour nous connecter avec des jeunes de notre pays qui partagent les mêmes idées. Parler avec un groupe d’individus aussi divers a donné beaucoup de profondeur et d’urgence à des questions qui me passionnaient déjà. Je suis reconnaissante d’avoir eu la chance de sortir de ma zone de confort et de créer ces liens », a déclaré Cassandra Harrison, 25 ans, de l’Ontario.

Cassandra Harrison (Ontario) et Nathan-Muir Cressman (Yukon). (Photographe par April Rideout)

Grâce aux contacts qu’elle a noués lors du sommet, Rui Ying envisage de lancer une chaîne d’information sur les médias sociaux. « Chaque semaine, nous écririons sur ce qui se passe dans l’actualité, et comme nous sommes des gens de partout au Canada, nous aurions un éventail diversifié d’idées et de points de vue », a déclaré Rui Ying.

« Maintenant, j’ai de nouveaux membres dans mon équipe et je sais comment lancer mon projet, a-t-elle ajouté. Le Sommet, c’était la meilleure expérience que j’ai eue jusqu’à présent cette année. J’ai vraiment eu l’impression de recevoir un cadeau, je vais garder ce que j’ai appris et acquis là-bas. »

Ce n’est pas un ‘au revoir’, c’est plutôt un ‘à bientôt’. (Photographe par April Rideout)

Nous avons absolument adoré mener ce programme et nous aimerions exprimer notre reconnaissance aux commanditaires qui ont soutenu le Sommet national des jeunes leaders 2022. Nous avons déjà commencé à planifier le Sommet des jeunes de l’année prochaine, mais pour organiser à nouveau un événement comme celui-ci, nous avons besoin de la collaboration de toutes les provinces et de tous les territoires, ainsi que du soutien des industries privées pour investir dans la jeunesse canadienne!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *